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Actualité
Victoire sans surprise
Antonescu, reconfirmé à la tête du PNL
Trois mois après son excellente prestation au premier tour de la présidentielle, Crin Antonescu s’est vu reconfirmé samedi dernier comme président du PNL. Il a réussi en plus à imposer tous les changements des statuts du PNL qu’il désirait pour pouvoir mettre en pratique son programme politique. Toute l’équipe de direction du PNL a été votée sur la liste d’Antonescu étant formée de ses proches.
Édité en édition 352 page 2 à 2010-03-08
Antonescu n’a pas vraiment eu de réel adversaire dans la compétition pour la présidence du parti. Il a obtenu 986 votes tandis que son ancien premier vice-président, Ludovic Orban, a recueilli 357 des votes des délégués. Orban était l’adepte du vote uninominal et sa défaite était annoncée depuis vendredi quand le Congrès avait admis la proposition d’Antonescu de voter des listes. Initialement un autre libéral, l’homme d’affaires Viorel Catarama, avait annoncé son intention de se présenter comme candidat mais il a renoncé au dernier moment après avoir lancé des accusations à propos des dettes que le PNL aurait accumulé ces derniers temps.
La première bataille s’est livrée vendredi quand le Congrès extraordinaire du PNL a accepté, sans grands débats, les modifications proposées par Antonescu. L’une des principales innovations du leader libéral : le vote sur les listes, c’est-à-dire le candidat à la présidence du parti se présente devant le Congrès avec une équipe. En cas de victoire, le président se voit entouré dans le Bureau permanent du parti que de ses collaborateurs proches … “Je sais que le vote sur des listes n’est pas sympathique mais je considère que le vote uninominal, par les négociations entre les candidats, ampute l’idée de l’uninominal pur”, a expliqué Antonescu.
Le leader Crin Antonescu a annoncé samedi qu’il se proposait d’obtenir aux élections législatives de 2012 un score de plus de 30% des votes des Roumains, la consécration du PNL comme le titulaire de la droite roumaine et l’accès au gouvernement comme le principal parti. Antonescu a précisé que ces objectifs supposaient la confrontation avec le PDL et le PSD pour renverser l’actuel rapport de forces sur la scène politique. Il a rejette l’idée d’une collaboration avec les démocrates-libéraux qu’il a caractérisés comme “un faux parti de droite, une menace pour la démocratie”. “L’élimination du pouvoir du parti-État présidentiel, populiste et sans identité politique, est une priorité stratégique pour le PNL, tout comme son élimination de la droite politique roumaine”, a encore affirmé Antonescu.
Dans son discours devant les délégués au Congrès, Ludovic Orban a déclaré que s’il était élu “il n’y aurait plus de l’hiver, mais du printemps dans le parti” et a promis que le PNL “renaîtra”. “Ma liste est la liste des tous les membres du PNL et mon équipe est l’équipe du PNL”, a dit Orban tout en soulignant l’importance des organisations départementales. Crin Antonescu a donc réussi non seulement à obtenir un deuxième mandat mais aussi à faire élire tous ses collaborateurs. Parmi eux ne manquent pas les anciens vice-présidents Varujan Vosganian, Norica Nicolai ou Romeo Stavarache.
“C’est un moment d’une importance extrême”, a déclaré Antonescu après sa réconfirmation dans la fonction de président du PNL. Son adversaire, Ludovic Orban, a promis qu’il continuerait à soutenir Crin Antonescu dans le nouveau mandat de président. “J’aurai une motivation de plus pour être encore plus efficace dans l’effort de soutenir les valeurs, les principes et les programmes du PNL”, a déclaré Orban après avoir appris sa défaite. À son tour, Antonescu a affirmé qu’il garderait de l’amitié pour Orban malgré leur confrontation politique.
Même si sa victoire a été facile, Antonescu n’a pas été épargné de critiques. Vendredi, l’ex-président du parti, le leader des députés libéraux, Calin Popescu-Tariceanu, a accusé le président du PNL d’ “inconséquence”. Selon Tariceanu, le projet des statuts d’Antonescu serait contraire aux idées promues par ce dernier il y a cinq ans. Tariceanu a comparé Antonescu avec Geoana qui, selon l’ancien Premier ministre, a perdu la présidence du parti à cause de son inconséquence. Le député libéral a aussi reproché à Antonescu de ne pas avoir pris des positions critiques par rapport aux récentes mesures du Gouvernement et par rapport au budget d’État voté par la coalition au pouvoir.
Les analystes sont unanimes pour dire que la victoire de Crin Antonescu était une victoire prévisible et sans surprise. “Crin Antonescu est le premier leader libéral qui peut fonctionner comme une locomotive pour son parti dans toute l’histoire d’après 1989 du PNL. Et ses collègues ont compris qu’ils ne pouvaient pas rater un tel atout électoral”, a déclaré l’analyste politique Bogdan Teodorescu cité par Agerpres. Selon Teodorescu, il est difficile à prédire si Ludovic Orban quittera le parti ou non. Selon Cristian Pârvulescu, à la différence du PSD, par l’élection d’Antonescu, le PNL arrive à se renforcer devant une attaque de l’actuelle majorité et notamment du PDL. “PNL représente en ce moment le principal adversaire du PDL car Crin Antonescu a réussi à imposer la formule équipe ce qui n’est pas confortable pour les démocrates-libéraux qui se revendiquent des mêmes valeurs que le PNL”, a déclaré Pârvulescu.
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