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Suite à l’invitation du président Barack Obama La Roumanie intègre le système anti-missile américain
Des éléments du programme américain de défense anti-missile seront placés en Roumanie, a annoncé jeudi dernier le président Traian Basescu à l’issue d’une séance-éclair du Conseil Suprême de Défense du Pays (CSAT). La Roumanie devrait accueillir des intercepteurs terrestres qui deviendront opérationnels en 2015, a dit le chef de l’État.
Édité en édition 348 page 3 à 2010-02-08
Selon M. Basescu, le président américain Barack Obama a invité la Roumanie à participer au développement du système américain de défense anti-missile. Le message a été transmis à Bucarest par le sous-secrétaire d’État américain pour le contrôle des armements, Ellen Tauscher, qui a rencontré le président roumain jeudi dernier. Les accords bilatéraux entre la Roumanie et les États-Unis relatifs à ce sujet seront ratifiés par le Parlement. “Dans le projet initial de l’administration de Washington, la Roumanie n’était protégée que partiellement, vu que le bouclier couvrait uniquement une partie de l’ouest du pays”, a expliqué M. Basescu. “L’installation des éléments du bouclier anti-missile en Roumanie montre la confiance réciproque qui existe entre nos deux pays”, a déclaré le chef de l’État. Il a rajouté que le bouclier ne serait pas dirigé contre la Russie. D’ailleurs les officiels américains ont maintes fois affirmé que les États-Unis sont favorables à une coopération avec la Fédération Russe pour le déploiement d’un système anti-missile en Europe. Moscou a durement protesté contre le bouclier américain dès l’annonce du projet. D’ailleurs c’était une des raisons pour laquelle la Russie a décidé de suspendre sa participation au Traité des Forces conventionnelles en Europe.
Le président Barack Obama a annoncé le 17 septembre 2009 que les USA renonceraient au projet du bouclier anti-missile en Europe de l’Est, projet promu et soutenu par son prédécesseur George W. Bush. Il a assuré à l’époque que le nouveau système de défense anti-missile serait plus ample que le précédent, soulignant que le programme balistique iranien restait une menace. Le même jour, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, précisait que les USA ne renonçaient pas à l’installation des éléments du bouclier anti-missile en Europe, mais avaient l’intention de les rendre plus flexibles afin de couvrir le nord et le sud de l’Europe.
Dans le projet initial, des éléments du bouclier devraient être installés en Rép. Tchèque et en Pologne. Si les autorités de ces deux pays ont été tout à fait d’accord avec le projet, la population a vivement protesté contre plusieurs fois.
Réactions favorables
Le président du Sénat, Mircea Geoana, a déclaré que la décision du CSAT d’approuver l’installation des éléments anti-missile sur le territoire de la Roumanie devrait être débattue par le Parlement. “A mon avis, nous devrons avoir une ample consultation sur ce sujet pour écouter également les spécialistes, les experts militaires et de la sécurité nationale. Il faut voir aussi quelle est l’opinion des Roumains et quelle sera la décision du Parlement”, a-t-il affirmé. “Nous nous trouvons devant la plus importante décision de sécurité nationale des dernières années. Les implications sont grandes. Il y a aussi des risques. Au moment où on a de tels éléments sur le territoire national, on s’expose aussi à des risques explicites de la part de ceux contre lesquels on construit un tel bouclier”, a affirmé le président du Sénat. Le député européen Adrian Severin, ancien ministre des AE, dit lui aussi que la décision du CSAT est “une bonne solution” “A ce que je sache, il s’agit d’une autre version que celle envisagée par l’administration Bush. C’est une version qui, d’une part, couvrira mieux tous les pays européens membres de l’OTAN et qui, d’autre part, ne fâche pas la Fédération Russe comme ce fut le cas antérieurement”, a précisé Severin.
Son collègue au PE et ancien ministre de la Défense, Ioan Mircea Pascu, pense que la Russie aura des objections à la décision de la Roumanie concernant le bouclier antimissile. “La seule chose c’est que nous n’avons pas des enclaves russes sur notre territoire comme ce fut le cas de Kaliningrad et dans ce cas-là l’équation devrait être plus simple. Je ne m’attends pas à une acceptation de la part de la Russie, même si je suppose, sans avoir des infos, qu’il y a eu une certaine consultation entre les Américains et les Russes sur ce sujet”, a déclaré M. Pascu.
L’ancien ministre des AE, Cristian Diaconescu, dit lui aussi que la décision du CSAT était obligatoire vu que la Roumanie avait reçu une demande de la part des États-Unis. “En dehors de la décision du CSAT, il y a un projet global et il faut penser globalement. Le bouclier anti-missile en tant que projet stratégique a donné naissance à de grandes attentes, mais il est, en même temps, un projet sensible. Il est essentiel d’établir que ce projet est utile et nécessaire à la Roumanie”, a-t-il expliqué.
Le secrétaire général du PDL, Radu Stroe pense que les leaders politiques russes “Poutine et Medvedev sont des hommes trop intelligents pour attaquer au niveau déclaratif la Roumanie au sujet du bouclier anti-missile”. “C’est un problème entre la Russie et l’OTAN”, a-t-il conclu.
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